Vitrail XII — Fribourg ecclésiastique, Józef Mehoffer 1934–1935
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Cycle fribourgeois
Vitrail XII
Inv. № FWNDK-WIT-FRI-012

Fryburg ecclésiastique

Józef Mehoffer · 1934 — 1935

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Restauration du vitrail Révélez-le sous les couches du temps
Fiche technique
Datation
Projekt 1934 · wykonanie (Kirsch & Fleckner) 1935
Dimensions
3 lancettes, env. 670 × 70 cm (env. 18,8 m² au total)
Technique
Verre antique soufflé et plaqué · plomb (mosaïque) · Schwarzlot · jaune d’argent intense (jaune d’argent)
Atelier
Atelier Kirsch & Fleckner
Emplacement
Chœur / abside, côté sud
Donateur
Diocèse de Lausanne–Genève–Fribourg avec le Chapitre cathédral ; l’État de Fribourg comme partenaire d’honneur
Inscriptions
Devises programmatiques (APOSTASIA · FIDES), héraldique, serment du magistrat. Aucune signature de l’artiste n’a été relevée
Créateur · notices d’autorité
Józef Mehoffer (1869–1946) Q1354695 ULAN: 500023929 VIAF: 49260739
Getty AAT · DC.type
300263692 stained glass
Getty TGN · DC.coverage
7008596 Fribourg, Suisse
DC.language
pl (versions EN et FR en préparation)
Droits numériques
Licence : CC-BY-NC 4.0 (Creative Commons Attribution-NonCommercial)
Propriétaire numérique :Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national (FWNDK)
Propriétaire physique : Canton de Fribourg (État de Fribourg / Staat Freiburg)
Affectataire :Diocèse de Lausanne–Genève–Fribourg (cathédrale depuis 1924)
Numérisation :FWNDK 2025, subvention dédiée du Sénat de la République de Pologne (150 000 PLN)
Avec l'autorisation de : L'Etat de Fribourg, Service des biens culturels

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Nuancier · teintes dominantes du vitrail
Or du jaune d'argent #F2C94C
Héraldique ; la couronne de saint Nicolas ; les devises ; la partie mariale
Saphir #0F2F8F
Fonds héraldiques
Bleu #2F6FD6
Le ciel ; le manteau de la Vierge
Turquoise #1FB7A6
Accents décoratifs
Émeraude #2E8B57
Le vert de l’ornement
Violet #4B2E83
Vêtements épiscopaux ; majesté
Rubis #B0002A
Le rouge héraldique ; les chapes
Blanc lumineux #F2F2F2
Aubes ; champs d’inscription
Contour (Schwarzlot) #111111
Dessin de contour et typographie

Dominantes représentatives établies d’après la photographie gigapixel de 2025 ; les valeurs HEX sont des approximations de moyennes par quadrant. Description complète de la gamme chromatique — à la section 2.2.

Introduction contextuelle

« Fribourg ecclésiastique » est une composition narrative monumentale (1934/1935) dans le chœur — la verrière de l’histoire ecclésiastique de la ville, la douzième réalisée.

Le programme englobe le patronage de saint Nicolas, les valeurs idéelles fondatrices (les devises APOSTASIA vs FIDES) ainsi que le serment du magistrat sur l’Eucharistie — un entrelacement de l’autorité spirituelle et de la mémoire de la communauté.

Née après l’élévation de la collégiale au rang de cathédrale (1924), la verrière fonctionne comme un vase de mémoire : le prêtre à l’autel l’a directement dans son champ de vision.

Elle forme un pendant programmatique avec « Fribourg séculier » (FRI-013) — un binôme du sacrum et de la civitas qui clôt le cycle.

Correspondances iconographiques
Le patronage de saint Nicolas APOSTASIA vs FIDES Le serment du magistrat L’histoire ecclésiastique de Fribourg Eucharystia Le vase de mémoire de la cathédrale
Analyse patrimoniale complète · fiche source

Fiche patrimoniale · FWNDK-WIT-FRI-012

Sections 2 à 5 de la fiche documentaire. Chaque sous-section se déploie indépendamment — cliquez sur le titre. Texte : recherche documentaire FWNDK, juin 2026, CC BY-SA 4.0.

2. Description formelle
2.1 ·Une composition à six registres : une chronique dans la lumière

« Fribourg ecclésiastique » est la composition la plus richement structurée en registres de tout le cycle fribourgeois. Mehoffer organise trois lancettes en six couches narratives lues de haut en bas : (1) saint Nicolas trônant — patron de la cathédrale ; (2) les personnifications idéelles APOSTASIA et FIDES ; (3) la scène du serment du magistrat sur l’Évangile, avec la devise « Religioni patrum fideles » à travers les trois lancettes ; (4) une galerie des piliers ecclésiastiques de Fribourg — Schneuwly, Werro, Canisius, Bonomi ; (5) le patronage marial avec la devise « Sub hoc patrocinio stat stabit que Friburgum » ; (6) une agrafe institutionnelle avec les dates 1512 et 1924 et l’héraldique du chapitre. Cette narration à six couches constitue, dans le cycle fribourgeois, une nouveauté absolue : les autres verrières ont une organisation à trois zones, tandis qu’ici Mehoffer accomplit un geste de chroniqueur d’une portée institutionnelle.

2.2 ·Style : Art nouveau tardif à éléments Art déco

Stylistiquement, la verrière se tient à la frontière de deux époques : l’Art nouveau parvenu à maturité (la ligne organique de l’ornement, une coloration en mosaïque, la décorativité Art nouveau) et l’Art déco naissant des années 1930 (symétrie, segmentation des registres, rythme « architectural », géométrisation de l’héraldique, élégant lettrage majuscule à éléments classicisants). Ce dualisme stylistique témoigne de l’évolution de Mehoffer : un artiste qui débutait en 1895 en révolutionnaire de l’Art nouveau de la Jeune Pologne et qui achève en 1936 en maître de l’Art déco polonais parvenu à maturité — parallèlement aux réalisations de l’école varsovienne de décoration architecturale.

2.3 ·L’héraldique comme langage

L’élément formel le plus caractéristique de la verrière est son usage expansif de l’héraldique : les armes du chapitre cathédral, les armes du canton de Fribourg, les armes du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, les armes des donateurs. Chez Mehoffer, l’héraldique n’est pas un ajout décoratif, mais un langage visuel autonome — une « parole de la mémoire » dans laquelle chaque écu fonctionne comme une phrase inscrite dans l’image. Ce geste formel a ses modèles dans l’enluminure héraldique médiévale, mais chez Mehoffer il prend une dimension moderniste — l’héraldique devient un élément programmatiquement équivalent à la narration figurale.

2.4 ·Palette et lumière

La palette de la verrière se compose de huit dominantes : l’outremer et un bleu marine saphir profond (#0F2F8F) dans le ciel et les fonds ; le turquoise (#1FB7A6) dans les détails ; l’or (jaune d’argent) dans l’héraldique, les couronnes, les attributs ; le cinabre et le rubis (#B0002A) dans les robes du magistrat et du chapitre ; le vert émeraude (#2E8B57) dans la nature du fond ; l’ivoire et le blanc (#F2F2F2) dans les vêtements de la Vierge et les inscriptions ; des accents de violet (#4B2E83) dans les détails solennels. La somme de la palette donne l’impression d’une chronique enluminée — d’un manuscrit à l’échelle monumentale.

2.5 ·Le lettrage comme structure

Le lettrage joue un rôle exceptionnel dans « Fribourg ecclésiastique ». La bande de la devise « RELIGIONI – PATRUM – FIDELES » (« Fidèles à la religion des pères ») court à travers les trois lancettes comme une bande de composition monumentale, divisant la verrière en une zone supérieure (autorité et valeurs) et une zone inférieure (personnes et faits). La seconde devise monumentale, « SUB HOC PATROCINIO · STAT STABIT QUE · FRIBURGUM » (« Sous ce patronage Fribourg est debout et le restera »), court sous la figure de la Vierge comme agrafe programmatique du programme patronal. Le lettrage est exécuté en majuscule romaine, dans une typographie classicisante rehaussée d’accents Art nouveau d’ornementation, en rinceaux végétaux entre les lettres.

3. Analyse iconographique
3.1 ·Registre 1 : saint Nicolas trônant

Le registre le plus haut de la verrière accueille saint Nicolas de Myre (IVe s.) trônant — patron de la cathédrale et du diocèse. Mehoffer le montre en plein ornement épiscopal : en habit pontifical — la mitre en tête et la crosse en main, avec l’attribut des trois bourses d’or ou des trois lingots d’or sur la couverture d’un livre (l’attribut canonique — le rappel du miracle des trois dots qui préservèrent trois jeunes filles d’être vendues). La figure est monumentale, frontale, hiératique — du type Maiestas Nicolai, renvoyant aux représentations byzantines et romanes du saint patron des cathédrales. Saint Nicolas est la « clef de voûte » de toute la composition : c’est de lui que procède toute la narration historique de l’Église fribourgeoise.

3.2 ·Registre 2 : APOSTASIA vs FIDES

Le deuxième registre accueille deux personnifications idéelles pourvues d’inscriptions explicites : APOSTASIA (Apostasie) et FIDES (Foi). L’Apostasie, montrée dans une posture accablée ou agressive, en vêtement sombre, avec les attributs de la ruine ou d’une croix brisée ; Fides — en posture droite, en robe claire, avec le livre de l’Écriture sainte et une croix. Ce binôme allégorique — avant l’entrée dans la narration historique — communique directement que l’histoire de l’Église fribourgeoise est une histoire de choix entre la fidélité et l’apostasie, ce qui inscrit le programme de la verrière dans le contexte de la narration recatholicisante des XIXe-XXe siècles (la Réforme comme apostasie, la Contre-Réforme comme fidélité).

3.3 ·Registre 3 : le serment du magistrat — « Religioni patrum fideles »

Le troisième registre montre la scène du serment : les membres du magistrat de Fribourg s’agenouillent ou se tiennent debout près de l’autel, prêtant serment sur l’Évangile tenu ouvert (ou sur un reliquaire ; le motif de la main comme signe de continuité et d’autorité). La bande de l’inscription RELIGIONI PATRUM FIDELES (« Fidèles à la religion des pères ») court monumentalement à travers les trois lancettes comme devise programmatique. La tradition du serment catholique prêté par le magistrat de Fribourg remonte au XVIe siècle et fut l’un des fondements de l’identité civique locale, en opposition aux cantons protestants voisins (Berne, Vaud). La verrière de Mehoffer inscrit ce serment dans l’espace sacré de la cathédrale, en faisant une trace programmatique de continuité.

3.4 ·Registre 4 : une galerie des piliers ecclésiastiques de Fribourg

Le quatrième registre montre quatre figures historiques monumentales liées à l’édification des institutions ecclésiastiques de Fribourg aux XVIe-XVIIe siècles : Peter Schneuwly (1549/50–1597), prévôt de la cathédrale, avec le titre PATER PATRIÆ (Père de la Patrie) courant sur une banderole au-dessus de son portrait ; Sebastian Werro (1555–1614), également prévôt de la cathédrale ; Pierre Canisius (1521–1597), saint de l’Église catholique, docteur de l’Église, jésuite des Pays-Bas, dont l’activité apostolique à Fribourg (à partir de 1580) fit de la ville l’un des principaux centres du renouveau catholique dans la Confédération ; Giovanni Francesco Bonomi (1536–1587), nonce apostolique dans la Confédération de 1579 à 1581, reliant Fribourg à Rome sur le plan diplomatique. Quatre hommes d’État de l’Église — deux Fribourgeois, deux figures internationales — composent une représentation complète du réseau d’influence grâce auquel Fribourg devint la principale forteresse du catholicisme dans la Suisse catholico-protestante de l’époque moderne.

3.5 ·Registre 5 : le patronage de la Vierge — « Sub hoc patrocinio stat stabit que Friburgum »

Le cinquième registre — central dans la composition — contient la figure monumentale de la Vierge (le type Notre-Dame de Fribourg, patronage marial local vénéré aux côtés de saint Nicolas depuis le Moyen Âge). Sous sa figure court la devise programmatique :

SUB HOC PATROCINIO · STAT STABIT QUE · FRIBURGUM « Sous ce patronage Fribourg est debout et le restera. »

Cette devise — formulée sous une forme directe et proclamatoire — fonctionne comme l’incantation identitaire programmatique de la ville. Le présent « stat » + le futur « stabit » + la conjonction « que » (« et ») instaure une continuité : la protection de la Vierge n’est pas un acte historique du passé, mais un acte durable et à venir. C’est un geste radical de la théologie du patronage — l’inscription de la ville dans la durée eschatologique du salut.

3.6 ·Registre 6 : le calendrier institutionnel — 1512 et 1924

Le registre le plus bas contient une agrafe institutionnelle sous la forme de médaillons de datation : AD 1512 — l’année de l’élévation de l’église paroissiale Saint-Nicolas au rang de collégiale (par le pape Jules II, en même temps que la fondation du Chapitre) ; AD 1924 — l’année de l’élévation de la collégiale au rang de cathédrale du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg (par le pape Pie XI). À côté des médaillons de datation, Mehoffer montre les figures du chapitre cathédral avec les légendes de leurs offices : DECAN, CANTOR, PRÆPOSITUS — les plus hautes charges canoniales du chapitre. L’héraldique du chapitre, du canton et du diocèse referme la composition comme une « signature de l’institution » finale.

4. Analyse iconologique
4.1 ·La verrière comme page monumentale de chronique

Le plus profond accomplissement iconologique de la verrière tient à la transformation de la forme traditionnelle du vitrail hagiographique en une page monumentale de chronique urbaine et ecclésiastique. Mehoffer introduit dans la cathédrale — espace par définition liturgique, dévotionnel, sacré — tout l’appareil historique habituellement réservé à la documentation profane : portraits historiques, dates, inscriptions proclamatoires, héraldique, calendrier institutionnel. Ce geste est programmatiquement moderniste et en même temps profondément traditionnel : moderniste, parce qu’il fait entrer l’historiographie dans la sphère sacrée ; traditionnel, parce qu’il puise dans le principe médiéval de l’imago chroniqueuse (les vitraux de Chartres comme relevé des dons des corporations d’artisans ; les vitraux de Saint-Denis comme programme royal de Suger, XIIe s.).

4.2 ·Religioni patrum fideles — un manifeste de l’identité de la Contre-Réforme

La devise Religioni patrum fideles (« Fidèles à la religion des pères ») est un manifeste programmatique de l’identité fribourgeoise de la Contre-Réforme. Fribourg, en tant que l’un des sept cantons catholiques de la Confédération (aux côtés de Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug, Soleure, Valais), conserva au XVIe siècle sa fidélité au catholicisme face à la Réforme suisse qui se répandait (Zwingli à Zurich, Calvin à Genève). Cette conservation de la fidélité — programmatiquement inscrite dans la bande architecturale de la devise — a une dimension à la fois historique (le XVIe siècle) et symbolique (les années 1934–1936, lorsque le catholicisme européen se dresse face à la menace des totalitarismes, du national-socialisme, de la guerre civile espagnole anticléricale). La devise est actualisée — « la fidélité à la religion des pères » résonne en 1936 avec une acuité particulière.

4.3 ·Sub hoc patrocinio — teologia patronatu i miejskiej eschatologii

Le second manifeste programmatique de la verrière — Sub hoc patrocinio stat stabit que Friburgum — inscrit la ville dans le champ de l’eschatologie patronale. Marie n’est pas ici seulement la patronne historique de Fribourg ; elle est la garante de la durée de la ville dans le temps eschatologique. La formule temporelle « stat + stabit » (« est debout et le restera ») a ses modèles dans les devises civiques médiévales (Roma aeterna ; la Civitas Dei d’Augustin), mais chez Mehoffer elle prend une radicalité théologique — la ville sous patronage marial participe de l’éternité de Dieu. En 1936, alors que le monde s’achemine vers la Seconde Guerre mondiale, cette déclaration de théologie politique résonne singulièrement.

4.4 ·La galerie des hommes — un canon de l’identité catholico-fribourgeoise

Le choix des quatre figures de la galerie — Schneuwly, Werro, Canisius, Bonomi — est programmatique. Premièrement : deux figures locales (Schneuwly et Werro, deux prévôts fribourgeois) et deux figures internationales (Canisius, le jésuite néerlandais, et Bonomi, le nonce italien), ce qui met programmatiquement en regard le patriotisme local et l’universalisme de l’Église. Deuxièmement : deux ecclésiastiques et deux figures missionnaires-diplomatiques — un tableau complet de l’infrastructure de la Contre-Réforme de l’Église. Troisièmement : la canonisation de Canisius (1925, par Pie XI) précède directement le second projet (1934) et sa proclamation comme docteur de l’Église (1925) — Mehoffer inscrit une décision papale récente dans le programme monumental de la verrière. Cela fait de la verrière un autel de l’identité vivante — non une référence au passé, mais la manifestation d’une décision actuelle de l’Église.

5. Place dans l'œuvre
5.1 ·« Fribourg ecclésiastique » dans la phase finale du cycle (1932–1936)

La verrière appartient à la phase finale et synthétique du cycle fribourgeois (1932–1936). En 1936, Mehoffer a soixante-sept ans et touche au terme de son parcours créateur (m. 1946). « Fribourg ecclésiastique », « Fribourg séculier » et le triptyque de la Trinité (Dieu le Père / Dieu le Fils / le Saint-Esprit) — les quatre verrières du chœur — constituent l’agrafe monumentale du programme que l’artiste avait entamé quarante et un ans plus tôt, avec la verrière « Apôtres » (1896). Ces quatre verrières du chœur sont le testament artistique de Mehoffer pour Fribourg et — plus largement — pour l’art du vitrail européen.

5.2 ·Cztery dekady — ewolucja stylu

La comparaison de « Fribourg ecclésiastique » avec les « Apôtres » montre tout le parcours de l’évolution stylistique de Mehoffer. Les « Apôtres » (1896) — l’Art nouveau en plein épanouissement révolutionnaire ; rinceaux denses, visages densément modelés, mosaïque chromatique dynamique. « Fribourg ecclésiastique » (1934–1935) — l’Art nouveau en dialogue avec l’Art déco ; segmentation des registres, symétrie monumentale, lettrage élégant, géométrisation de l’héraldique. Mehoffer a parcouru — parallèlement à tout l’art européen des quatre dernières décennies — le chemin de l’Art nouveau organique à l’Art nouveau parvenu à maturité et mêlé d’Art déco, tout en conservant néanmoins son langage caractéristique du dessin au plomb, de la mosaïque chromatique et du jaune d’argent.

5.3 ·Valeur artistique et conclusions

« Fribourg ecclésiastique » est un monument de rang européen, alliant une composition narrative monumentale à une maîtrise magistrale d’un programme historico-institutionnel. C’est une œuvre iconologiquement sans précédent dans l’art sacré de son époque : l’inscription des portraits de figures historiques, de dates institutionnelles, de devises identitaires, de l’héraldique capitulaire et magistrale dans une composition monumentale de vitrail du chœur cathédral constitue un geste sans analogie dans l’art européen des années 1930. La documentation numérique gigapixel, réalisée par la Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national en 2025, permet pour la première fois une analyse détaillée de la typographie des devises (disposition majuscule, rinceaux végétaux entre les lettres), des portraits des figures historiques (traits physionomiques comparables à d’autres matériaux sources) ainsi que de la microstructure héraldique des écus — des données critiques pour la recherche sur l’iconographie de l’identité de la Contre-Réforme de Fribourg.

Bibliographie 25 entrées · recherche juin 2026

Monographies essentielles

  1. Adamowicz Tadeusz, Witraże fryburskie Józefa Mehoffera: monografia zespołu, Wrocław : Zakład Narodowy im. Ossolińskich, 1982. [La monographie du cycle classique et la plus complète en langue polonaise ; analyse iconographique détaillée et contexte stylistique de l’ensemble.]
  2. von Roda Hortensia, Die Glasmalereien von Józef Mehoffer in der Kathedrale St. Nikolaus in Freiburg i. Üe., Bern : Gesellschaft für Schweizerische Kunstgeschichte (GSK), 1995 (Beiträge zur Kunstgeschichte der Schweiz, 7), ISBN 3-7165-0969-8. [Une monographie « verrière par verrière » dans la perspective suisse ; le fondement de la recherche du côté germanophone.]
  3. von Roda Hortensia, Les vitraux de Jozef von Mehoffer, Fribourg : Pro Fribourg, 1985 (Pro Fribourg, 67). [Une synthèse antérieure, francophone, de la même autrice.]
  4. Bourgarel Gérard, Tomczak Grzegorz, Pasquier Augustin (dir.), Józef Mehoffer: de Cracovie à Fribourg, ce flamboyant art nouveau polonais, Fribourg : Pro Fribourg, 1995 (Pro Fribourg, 106/107). [La plus importante publication collective francophone sur le cycle fribourgeois.]
  5. Stryjeński Tadeusz, Vitraux de Joseph Mehoffer à la Cathédrale de Fribourg, Kraków, 1929. [Une approche synthétique précoce du cycle, témoignage de la réception de son époque.]

Articles et études scientifiques

  1. Carraux Nicolas, « William Ritter, interprète de l’art de Józef Mehoffer », Versants: revue suisse des littératures romanes, 66:2 (2019), p. 137–152.
  2. Sauterel Valérie, Noverraz Eric, „The Functioning and Development of Kirsch & Fleckner Stained Glass Workshop: A Brief History of the Collection and the Donation Made to Vitrocentre Romont in 1991”, Folia Historiae Artium, Seria Nowa, 17 (2019).
  3. Zeńczak Anna, « « Jeunesse de l’Art », un vitrail créé en 1900 par Józef Mehoffer », Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte (ZAK), 51:1 (1994), p. 23 et suiv.
  4. Cingria Alexandre, „Les vitraux du peintre polonais Mehoffer à la cathédrale de Fribourg”, w: Le chant de la Pologne (Nova et Vetera), Fribourg: Fragnière Frères [1927], s. 42–56. Przedruk: Pro Fribourg, 106/107 (1995), s. 69–82.
  5. Yoki [E. Aebischer], „Mehoffer et Manessier, deux pionniers de l'art du vitrail”, Pierre d'angle, 4 (1998), s. 143–150.
  6. Kozicki Władysław, « Józef Mehoffer », Sztuki Piękne, 10–11 (1926/1927), p. 378–403.
  7. Szydłowski Tadeusz, « Misterium polskiej sztuki za granicą. Witraże Józefa Mehoffera we Fryburgu szwajcarskim », Kurier Literacko-Naukowy, 47 (1938), p. 4.

Catalogues et études muséales

  1. Studziżba-Kubalska Beata, Mehoffer z Fryburga. Projekty witraży katedralnych, Kraków : Musée national de Cracovie, 2024/2025 (brochure d’exposition, 14 p.).
  2. Musée national de Cracovie, matériaux curatoriaux de l’exposition « Mehoffer z Fryburga. Projekty witraży katedralnych » (2024–2025), disponibles en ligne : mnk.pl.

Archives et sources manuscrites

  1. Vitrocentre Romont / Vitromusée Romont — la donation de 1991 de l’atelier Kirsch & Fleckner (cartons, échantillons de verre, photographies d’atelier, correspondance technique 1895–1936).
  2. Archives de l’État de Fribourg / Staatsarchiv Freiburg — documentation administrative de la paroisse cathédrale et des donateurs du cycle.
  3. Archives littéraires suisses (ALS), Berne — la correspondance de William Ritter relative à la réception du cycle fribourgeois.
  4. Żeleński Adam, « Rewelacja fryburska », tapuscrit, 1946 (archives familiales des Żeleński, Cracovie).

Bases de données et outils bibliographiques

  1. Vitrosearch — la plateforme suisse du patrimoine vitrail (vitrosearch.ch).
  2. Corpus Vitrearum Polska (cvp.ihs.uj.edu.pl) — la bibliographie polonaise de l'art du vitrail.
  3. Corpus Vitrearum Medii Aevi (corpusvitrearum.org), sekcja szwajcarska.

Sources spécifiques à ce vitrail

  1. Castella Gaston, Histoire du canton de Fribourg depuis ses origines jusqu’à la promulgation de la Constitution de 1857, Fribourg 1922. [La monographie classique de l’histoire du canton de Fribourg — indispensable pour identifier les figures historiques montrées dans la verrière (Schneuwly, Werro, Canisius, Bonomi).]
  2. Brodrick James, Saint Peter Canisius, S.J., 1521–1597, Londres 1935. [Une biographie de Pierre Canisius, le saint docteur de l’Église que la verrière fribourgeoise présente comme un pilier du renouveau catholique dans la Confédération.]
  3. Schmuki Karl, Die Bischöfe von Lausanne und ihre Diözese: Eine Geschichte, t. II : Die Neuzeit, Fribourg 2007. [Une étude sur l’histoire du diocèse de Lausanne-Genève-Fribourg, auquel la cathédrale appartint jusqu’en 1924, année où elle acquit le statut de cathédrale épiscopale ; utile pour comprendre la promotion institutionnelle commémorée dans la verrière.]
  4. Acta Sanctae Sedis 17 (1924), p. 145–148 — le décret papal élevant la collégiale Saint-Nicolas de Fribourg au rang de cathédrale diocésaine. [L’acte juridique dont la commémoration constitue la partie finale du programme de la verrière.]

Fiche de l’œuvre FWNDK-WIT-FRI-012 · élaboration : Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national, recherche documentaire juin 2026 (von Roda, Sauterel, Adamowicz, catalogues du MNK et du Musée d’Orsay). Texte de la fiche : licence CC BY-SA 4.0. Les mentions signalées dans la fiche par « [à vérifier sur les sources] » demeurent en cours de vérification.

Histoire de l'objet
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Mehoffer, J. (1934–1935). Fribourg ecclésiastique [Stained glass, 3 lancettes, env. 670 × 70 cm chacun]. Cathédrale Saint-Nicolas, Fribourg. Numérisation : Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national. https://mehoffer.org/obj/FRI-012/

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Fiche documentaire complète : métrique de l’œuvre, cinq sections d’analyse, appareil critique avec bibliographie (25 entrées) et note rédactionnelle. Recherche juin 2026. Contenu sous licence CC BY-SA 4.0.

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