Vitrail VI — Saints et Saintes, Józef Mehoffer 1909–1910
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Cycle fribourgeois
Vitrail VI
Inv. № FWNDK-WIT-FRI-006

Saints et Saintes

Józef Mehoffer · 1909 — 1910

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Fiche technique
Datation
1909 (conception) · 1910 (pose)
Dimensions
4 lancettes, env. 670 × 70 cm (env. 18,8 m² au total)
Technique
Verre antique soufflé et plaqué · plomb (mosaïque) · Schwarzlot · jaune d’argent (lazura srebrowa)
Atelier
Atelier Kirsch & Fleckner
Emplacement
Chapelle Sainte-Anne, bas-côté sud (deuxième depuis l’ouest)
Donateur
Le donateur reste à établir par une recherche en archives (chapelle Sainte-Anne ; Archives de l’État de Fribourg)
Inscriptions
Inscriptions nominatives des saints patrons dans le champ du vitrail. Aucune signature d’auteur n’a été relevée
Créateur · notices d’autorité
Józef Mehoffer (1869–1946) Q1354695 ULAN: 500023929 VIAF: 49260739
Getty AAT · DC.type
300263692 stained glass
Getty TGN · DC.coverage
7008596 Fribourg, Suisse
DC.language
pl (versions EN et FR en préparation)
Droits numériques
Licence : CC-BY-NC 4.0 (Creative Commons Attribution-NonCommercial)
Propriétaire numérique :Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national (FWNDK)
Propriétaire physique : Canton de Fribourg (État de Fribourg / Staat Freiburg)
Affectataire :Diocèse de Lausanne–Genève–Fribourg (cathédrale depuis 1924)
Numérisation :FWNDK 2025, subvention dédiée du Sénat de la République de Pologne (150 000 PLN)
Avec l'autorisation de : L'Etat de Fribourg, Service des biens culturels

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Nuancier · teintes dominantes du vitrail
Jaune doré #F2C94C
Auréoles, ornement, jaune d’argent des accents
Rouge rubis #B0002A
Manteaux de chevalier (Georges, Michel) ; accents
Carmin #C1121F
Accents des vêtements et des attributs
Saphir #0F2F8F
Fonds profonds des figures
Bleu #2F6FD6
Ciel ; entourage froid des figures
Émeraude #2E8B57
Dragon de saint Georges ; vert de l’ornement
Turquoise #1FB7A6
Accents de la bordure et des baldaquins
Blanc lumineux #F2F2F2
Voile semi-transparent de Marie Madeleine ; vêtements
Contour (Schwarzlot) #111111
Dessin de contour et modelé des visages

Dominantes représentatives établies à partir de la photographie gigapixel de 2025 ; les valeurs HEX sont des approximations des moyennes par quadrant. Description complète de la palette — à la section 2.2.

Introduction contextuelle

« Saints et Saintes » (1909/1910) est un vitrail hagiographique dans lequel Mehoffer conçoit quatre saints comme les personnifications de quatre archétypes de la sainteté, et non comme une simple galerie de saints patrons.

Les quatre sont : Georges (courage), Michel Archange (justice), Anne (sagesse des générations) et Marie Madeleine (conversion). Chaque figure porte son attribut canonique, mais Mehoffer en accentue le trait psychologique.

Le vitrail appartient à la phase mûre et expressive du cycle — plus riche en modelé et en dramaturgie de la lumière que les premiers vitraux des chapelles.

Son emplacement dans la chapelle Sainte-Anne fait d’Anne la patronne du lieu et l’axe du programme : la mère de Marie comme racine de la sainteté familiale.

Correspondances iconographiques
St Georges · courage St Michel Archange · justice Ste Anne · sagesse des générations Ste Marie Madeleine · conversion Quatre archétypes de la sainteté Le dragon et la balance
Analyse patrimoniale complète · fiche source

Fiche de l’objet patrimonial · FWNDK-WIT-FRI-006

Sections 2 à 5 de la fiche source. Chaque sous-section se déploie de façon indépendante — cliquez sur le titre. Texte : recherche documentaire FWNDK, juin 2026, CC BY-SA 4.0.

2. Description formelle
2.1 ·Une composition à trois zones : une échelle de la terre à la lumière

Le vitrail s’organise en trois zones narratives verticales, lues de bas en haut : la zone du soubassement (scènes de combat et symboles légendaires) → la zone médiane (présentations portraiturées monumentales des quatre saints) → la zone des couronnements (conclusion poétique : deux aigles fixant le soleil). Mehoffer conduit le regardeur le long d’une échelle symbolique : du drame charnel (le combat de Georges contre le dragon, la chute de Lucifer sous Michel), à travers les choix éthiques (justice, sagesse, conversion), jusqu’au renouvellement métaphysique (les aigles recouvrant leur jeunesse dans le soleil). Cette progression verticale est l’une des solutions les plus rigoureusement symbolistes de tout le cycle fribourgeois.

2.2 ·Quatre tempéraments chromatiques, quatre archétypes

À chacune des quatre figures Mehoffer attribue une dominante chromatique distincte qui construit son « type » archétypal : saint Georges — des turquoises et les accents colorés des écailles du dragon (l’alarme chromatique de la zone de combat) ; saint Michel — des rouges et des ors (l’ordre du ciel contrastant avec l’obscurité de la zone luciférienne) ; sainte Anne — des verts et des bleus profonds rehaussés d’or (stabilité, enracinement, fondation) ; sainte Marie Madeleine — des noirs, des violets et des verts éteints avec de précieux accents (transformation, deuil, conscience).

2.3 ·La bande d’inscription : la typographie comme ornement

Au-dessus de la zone médiane (portraiturée), juste sous la zone des couronnements, une bande d’inscription française portant les noms des saints court sur toute la largeur du vitrail : S GEORGES · S MICHEL · S ANNE · MADELEINE (il est intéressant de noter que Marie Madeleine est donnée sans le titre de « sainte », conformément à la tradition hagiographique française qui traite Madeleine comme une forme familière, plus intime). Les lettres sont serties dans une rinceau végétal Art nouveau — la typographie comme élément graphique de l’image, et non comme légende sous une scène. C’est une solution programmatiquement mehofférienne, qui prolonge le traitement du lettrage des « Apôtres » et des « Martyrs ».

2.4 ·L’ornement Art nouveau : la ligne comme partition

Les traits les plus fortement Art nouveau de ce vitrail sont : les rinceaux végétaux des baldaquins (un entrelacs dense de feuilles et de tiges, la « whiplash line » de Mehoffer à pleine maturité) ; la bande d’inscription à la ligne de rinceau ondulante ; le motif des étoffes des vêtements (en particulier les fleurs de lys sur la robe bleu marine de sainte Anne et le brocart à motifs de la robe de Marie Madeleine) ; et l’ornementation du soubassement (les écailles du dragon comme structure géométrique rythmée, étroitement apparentée aux affiches d’Eugène Grasset et d’Alphonse Mucha des années 1890). Le vitrail est à la fois une œuvre sacrée monumentale et un manuel des arts appliqués dans l’esprit des Arts & Crafts.

2.5 ·Virtuosité : le voile de Marie Madeleine

Le passage techniquement le plus abouti du vitrail — et l’un des plus difficiles de tout le cycle fribourgeois — est le voile de Marie Madeleine. Mehoffer et l’atelier Kirsch & Fleckner y obtiennent un effet de semi-transparence de l’étoffe par une technique où trois éléments agissent de concert : un verre antique soigneusement choisi, à la coloration légèrement condensée ; un Schwarzlot en couches minces et semi-transparentes, appliquées puis cuites l’une après l’autre ; et un réseau de plomb minutieusement conduit, aux segments fluides et organiquement incurvés. Le voile et la robe sont par ailleurs richement ornés (brocart, motif minutieux) ; l’effet de semi-transparence de l’étoffe lui-même ne peut toutefois être affirmé avec certitude à partir du cadrage panoramique et demande une vérification en gros plan. L’effet optique recherché est l’impression que le voile « laisse passer » la lumière du fond à la manière d’une véritable étoffe — ce que le vitrail du XIXᵉ siècle (Mayer, Hardman), fondé sur des aplats de couleur et une peinture de surface, n’avait pas atteint auparavant.

3. Analyse iconographique
3.1 ·Saint Georges — le courage comme action

Saint Georges est montré dans la zone médiane en jeune chevalier athlétique, muni d’une lance et d’un bouclier. Dans la zone du soubassement se déroule la scène du combat contre le dragon — l’épisode le plus célèbre de la Légende dorée de Georges (Voragine, XIIIᵉ siècle, d’après la Vita Sancti Georgii orientale remontant au Vᵉ siècle). Mehoffer y donne une interprétation iconographique d’une originalité exceptionnelle : le dragon n’est pas le dragon héraldique canonique (comme chez Carpaccio, Raphaël, Tintoret, Uccello), mais une bête fantastique de conte de fées — un chat-dragon dans une armure d’écailles. Ce parti pris situe l’art de Mehoffer dans le courant du symbolisme Art nouveau et de l’art enfantin (l’illustration de livres pour enfants au tournant du siècle, Rackham, Dulac), tout en éloignant la scène de la littéralité militaire au profit d’un symbole universel du chaos, qui attaque par l’instinct et les dents. La princesse à l’arrière-plan, lèvres entrouvertes suggérant un cri inaudible, complète la psychologie de la scène.

3.2 ·Saint Michel Archange — la justice et l’ordre cosmique

Saint Michel est montré dans la zone médiane en chef des armées célestes — en armure, ailes déployées, la lance levée, dont il transperce dans le soubassement le Lucifer précipité. Dans la zone du soubassement, sous lui, se déroule la scène de la chute de Lucifer : l’ange vaincu se recroqueville, entouré d’une tourbe infernale (le motif du « chien de l’enfer », crachant le feu). Le canon iconographique dérive de l’Apocalypse 12, 7-9 (factum est proelium in caelo — « il y eut un combat dans le ciel ») et des légendes médiévales des trois règnes. Mehoffer montre Michel non comme un ange tendre (le type baroque tardif), mais comme une figure de la décision éthique et de la justice à l’échelle cosmique.

3.3 ·Sainte Anne — patronne du lieu, sagesse des générations

Sainte Anne, la mère de la Bienheureuse Vierge Marie, est la patronne de la chapelle qui abrite le vitrail étudié, ce qui rend sa présence programmatiquement centrale. Mehoffer la montre en figure monumentale, dans une robe bleu marine à motif de fleurs de lys (motif héraldique de la maison de Bourbon, mais aussi symbole de la Trinité mariale dans la tradition de piété médiévale). Sous son nom se voit une scène avec le Christ aux mains levées et la colombe de l’Esprit Saint, ainsi qu’une femme voilée (Marie). Sur les cadrages disponibles, en revanche, ni l’attribut du livre ni le motif d’« Anne apprenant à écrire à Marie » (le type Anna docens) ne se confirment. Dans la composition du vitrail, Anne fonctionne comme un axe de stabilité entre deux figures d’action (Georges, Michel) et une figure de transformation (Madeleine). Elle est une figure de la sagesse des générations — du commencement, des racines, de la transmission.

3.4 ·Marie Madeleine — une transformation qui demeure visible

Marie Madeleine est représentée selon le canon hagiographique concaténé qui réunit trois figures néotestamentaires : Marie Madeleine (Lc 8, 2 ; Mc 16, 9), Marie de Béthanie sœur de Lazare (Jn 11) et la pécheresse anonyme de Lc 7, 36-50. Cette identification, introduite par le pape Grégoire le Grand dans sa 33ᵉ homélie (591) et fixée pour tout le Moyen Âge, dote la figure de la Madeleine d’un ensemble d’attributs iconographiquement riche : le précieux vase d’onguent (Lc 7, 37-38), les somptueux vêtements de courtisane de son passé mondain, le voile noir de la conversion et du deuil du Christ. Mehoffer met en œuvre tous ces éléments, traitant la Madeleine comme une figure de transformation qui demeure visible — à la différence des extatiques théâtrales de Ribera et de Reni, dans une manière contemplative proche de Maurice Denis et d’Edmond Tigny.

3.5 ·La zone des couronnements : des aigles fixant le soleil

Le passage iconographique le plus poétique du vitrail est la zone des couronnements, où deux aigles sont posés sur les baldaquins à remplage, tournés vers le soleil placé au centre. Ce motif provient du bestiaire paléochrétien Physiologus (IIᵉ-IIIᵉ siècle), où l’aigle renouvelle sa jeunesse lorsqu’il fixe le soleil — identifié au Christ (Ps 103, 5 : renovabitur ut aquilae iuventus tua, « ta jeunesse se renouvellera comme celle de l’aigle »). Ce motif, présent dans les bestiaires médiévaux (le Bestiaire d’Aberdeen, XIIᵉ siècle), dans la sculpture des chapiteaux romans et dans le vitrail gothique, est repris par Mehoffer dans sa dimension symboliste et placé comme conclusion ultime du vitrail. L’« échelle symbolique » — du drame du combat, à travers les choix éthiques, vers le renouvellement métaphysique par la contemplation du Christ-Soleil — se referme dans cette zone la plus haute.

4. Analyse iconologique
4.1 ·Quatre archétypes de la sainteté

Le choix des quatre saints — Georges, Michel, Anne, Marie Madeleine — n’est pas fortuit. Mehoffer y compose un schéma matriciel complet d’archétypes de la sainteté qui comprend : l’archetype guerrier (Georges, Michel — deux saints militaires) ; l’archetype de la matrice spirituelle (Anne, la mère de Marie — la transmission de la foi entre les générations) ; et l’archetype de la conversion (Madeleine — la transformation par la rencontre avec le Christ). En outre : deux saints d’« action » (Georges, Michel) mis en regard de deux saintes de « contemplation » (Anne, Madeleine) créent une symétrie masculin-féminin et actif-réflexif, où chaque élément trouve son contrepoint.

4.2 ·Le symbolisme Art nouveau — du récit au signe

Le plus profond accomplissement iconologique du vitrail réside dans sa transformation rigoureuse du récit en signe. Les figures n’y sont pas des « illustrations des biographies des saints », mais des signes archétypaux. Le dragon de Georges n’est pas de la zoologie, mais un symbole du chaos. Le Lucifer sous Michel n’est pas une chute particulière, mais un geste universel d’orgueil. Le vase de la Madeleine n’est pas un accessoire, mais la mémoire du matin de Pâques. Les aigles fixant le soleil — voilà un symbole pur, sans récit. Cette transposition de tout le programme du récit au signe situe Mehoffer au cœur même du symbolisme européen vers 1909 — sur la même ligne que Maurice Denis (définition du néotraditionnisme, 1890), Aristide Maillol et Karl Fryc (le vitrail allemand de cette époque).

4.3 ·Le Physiologus comme clé théologique

Le recours délibéré au bestiaire paléochrétien Physiologus dans la zone des couronnements est un geste programmatique. Mehoffer montre que le renouveau de l’art sacré du XXᵉ siècle n’a pas à procéder d’un rejet de la tradition — il peut être un retour aux strates les plus profondes de la sémantique chrétienne, d’avant la systématisation scolastique. Le Physiologus — texte des IIᵉ-IIIᵉ siècles maniant un langage symbolique, allégorique, pré-dogmatique — fut pour le symbolisme des environs de 1900 une source quasi canonique (voir Marcel Schwob, Joris-Karl Huysmans, Léon Bloy). Mehoffer inscrit le cycle fribourgeois dans ce mouvement européen de retour aux sources de l’imagination chrétienne.

4.4 ·La chapelle Sainte-Anne — un programme local

Le vitrail doit se lire dans le contexte de son lieu : la chapelle Sainte-Anne est l’un des plus anciens foyers dévotionnels de la cathédrale de Fribourg, liés au culte de la Sainte Famille et à la piété locale traditionnelle. Anne, patronne du « bon mariage » et de la parentalité, était dans la tradition fribourgeoise particulièrement vénérée par les communautés artisanales et bourgeoises de la ville. Le vitrail « Saints et Saintes » n’est donc pas seulement la réalisation d’une théologie catholique générale de la sainteté, mais aussi une contribution délibérée à l’écosystème dévotionnel local de la cathédrale — l’inscription du programme de Mehoffer dans la topographie vivante de l’édifice.

5. Place dans l'œuvre
5.1 ·Sa place dans le cycle fribourgeois 1895-1936

« Saints et Saintes » appartient à la phase mûre du cycle fribourgeois. En 1909, année de conception du vitrail, Mehoffer a déjà derrière lui ses premières réalisations fribourgeoises : « Les Apôtres » (1896), « Notre-Dame des Victoires » (1897/1898), « Les Martyrs » (1899/1900), « Le Saint-Sacrement » (1900/1901) et « L’Adoration des mages » (1902/1905). Selon le registre chronologique de la FWNDK, « Saints et Saintes » (FWNDK-WIT-FRI-006, 1909/1910) est le sixième vitrail achevé du cycle, et le cinquième dans la numérotation spatiale de la cathédrale ; les vitraux ultérieurs — « Diacres et Évêques » (1914/1917) et « Nicolas de Flue » (1918/1919) — ne seront réalisés qu’à la décennie suivante. À cette époque, l’atelier Kirsch & Fleckner atteint sa pleine virtuosité technique, comme en témoigne le voile semi-transparent de Marie Madeleine.

5.2 ·« Saints et Saintes » et l’Art nouveau polonais de Cracovie

L’année 1909 est pour Mehoffer un moment de pleine maturité artistique dans sa dimension cracovienne : aux côtés de Wyspiański (mort en 1907), de Malczewski et de Stanisławski, il est l’une des grandes figures de l’école polonaise de l’art du tournant du siècle. Le vitrail fribourgeois de cette phase est réalisé parallèlement à des œuvres cracoviennes monumentales : les vitraux de l’église Notre-Dame (1908), de l’église des Bernardins (1907) et de la cathédrale du Wawel (projets 1908-1910). Dans chacun de ces ensembles, Mehoffer poursuit un programme d’hagiographie archétypale et symboliste — la même aspiration à transposer le récit en signe.

5.3 ·Valeur artistique et conclusions

« Saints et Saintes » est un monument de rang européen, qui allie une iconographie hagiographique canonique à un langage formel radicalement symboliste. L’introduction dans le programme du « chat-dragon » à la place du dragon héraldique canonique, du motif des aigles du Physiologus comme conclusion finale, et la résolution virtuose de la technique du voile de Marie Madeleine — voilà trois des nombreuses solutions qui placent ce vitrail parmi les réalisations de vitrail de tout premier rang de la Belle Époque. La documentation numérique gigapixel, réalisée par la Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national en 2025, permet pour la première fois une analyse détaillée aussi bien des micro-textures du verre antique dans les écailles du dragon que de la technique semi-transparente du voile — ce qui constitue un matériau d’importance clé pour les études sur l’atelier Kirsch & Fleckner à l’époque de sa pleine maturité technique.

Bibliographie 24 entrées · recherche juin 2026

Monographies essentielles

  1. Adamowicz Tadeusz, Witraże fryburskie Józefa Mehoffera: monografia zespołu, Wrocław: Zakład Narodowy im. Ossolińskich, 1982. [Monographie classique et la plus complète en langue polonaise sur le cycle ; analyse iconographique détaillée et contexte stylistique de l’ensemble.]
  2. von Roda Hortensia, Die Glasmalereien von Józef Mehoffer in der Kathedrale St. Nikolaus in Freiburg i. Üe., Bern: Gesellschaft für Schweizerische Kunstgeschichte (GSK), 1995 (Beiträge zur Kunstgeschichte der Schweiz, 7), ISBN 3-7165-0969-8. [Monographie « vitrail par vitrail » dans la perspective suisse ; fondement de la recherche du côté germanophone.]
  3. von Roda Hortensia, Les vitraux de Jozef von Mehoffer, Fribourg: Pro Fribourg, 1985 (Pro Fribourg, 67). [Synthèse antérieure de la même autrice, en langue française.]
  4. Bourgarel Gérard, Tomczak Grzegorz, Pasquier Augustin (dir.), Józef Mehoffer: de Cracovie à Fribourg, ce flamboyant art nouveau polonais, Fribourg: Pro Fribourg, 1995 (Pro Fribourg, 106/107). [La plus importante publication collective en langue française sur le cycle fribourgeois.]
  5. Stryjeński Tadeusz, Vitraux de Joseph Mehoffer à la Cathédrale de Fribourg, Kraków, 1929. [Présentation synthétique précoce du cycle, témoignage de sa réception à l’époque.]

Articles et études scientifiques

  1. Carraux Nicolas, « William Ritter, interprète de l’art de Józef Mehoffer », Versants: revue suisse des littératures romanes, 66:2 (2019), p. 137–152.
  2. Sauterel Valérie, Noverraz Eric, « The Functioning and Development of Kirsch & Fleckner Stained Glass Workshop: A Brief History of the Collection and the Donation Made to Vitrocentre Romont in 1991 », Folia Historiae Artium, Seria Nowa, 17 (2019).
  3. Zeńczak Anna, « “Jeunesse de l’Art”, un vitrail créé en 1900 par Józef Mehoffer », Zeitschrift für schweizerische Archäologie und Kunstgeschichte (ZAK), 51:1 (1994), p. 23 et suiv.
  4. Cingria Alexandre, « Les vitraux du peintre polonais Mehoffer à la cathédrale de Fribourg », dans : Le chant de la Pologne (Nova et Vetera), Fribourg: Fragnière Frères [1927], p. 42–56. Réimpr. : Pro Fribourg, 106/107 (1995), p. 69–82.
  5. Yoki [E. Aebischer], « Mehoffer et Manessier, deux pionniers de l’art du vitrail », Pierre d’angle, 4 (1998), p. 143–150.
  6. Kozicki Władysław, « Józef Mehoffer », Sztuki Piękne, 10–11 (1926/1927), p. 378–403.
  7. Szydłowski Tadeusz, « Misterium polskiej sztuki za granicą. Witraże Józefa Mehoffera we Fryburgu szwajcarskim », Kurier Literacko-Naukowy, 47 (1938), p. 4.

Catalogues et études muséales

  1. Studziżba-Kubalska Beata, Mehoffer z Fryburga. Projekty witraży katedralnych, Kraków: Musée national de Cracovie, 2024/2025 (brochure d’exposition, 14 p.).
  2. Musée national de Cracovie, matériaux curatoriaux de l’exposition « Mehoffer z Fryburga. Projekty witraży katedralnych » (2024-2025), disponibles en ligne : mnk.pl.

Archives et sources manuscrites

  1. Vitrocentre Romont / Vitromusée Romont — la donation de 1991 de l’atelier Kirsch & Fleckner (cartons, échantillons de verre, photographies d’atelier, correspondance technique 1895-1936).
  2. Archives de l’État de Fribourg / Staatsarchiv Freiburg — la documentation administrative de la paroisse de la cathédrale et des donateurs du cycle.
  3. Archives littéraires suisses (ALS), Berne — la correspondance de William Ritter relative à la réception du cycle fribourgeois.
  4. Żeleński Adam, « Rewelacja fryburska », tapuscrit, 1946 (archives familiales des Żeleński, Cracovie).

Bases de données et outils bibliographiques

  1. Vitrosearch — la plateforme suisse du patrimoine vitrail (vitrosearch.ch).
  2. Corpus Vitrearum Polska (cvp.ihs.uj.edu.pl) — la bibliographie polonaise de l'art du vitrail.
  3. Corpus Vitrearum Medii Aevi (corpusvitrearum.org), section suisse.

Sources spécifiques à ce vitrail

  1. Physiologus (éd. F. Sbordone, Milan 1936 ; trad. polonaise K. Jażdżewska, Varsovie 2003). [Bestiaire allégorique paléochrétien (IIᵉ-IIIᵉ siècle), source du motif de l’aigle se renouvelant en fixant le soleil ; présent dans l’art sacré au Moyen Âge et repris par le symbolisme de la fin du XIXᵉ siècle.]
  2. Voragine Jacopo da, Legenda aurea (éd. Th. Graesse, Leipzig 1850), passim : De Sancto Georgio, De Sancto Michaele Archangelo, De Sancta Anna, De Sancta Maria Magdalena. [Source littéraire classique du XIIIᵉ siècle pour l’iconographie des quatre saints du vitrail fribourgeois.]
  3. Roukema E., Saint George and Saint Michael in Art and Legend, Cambridge 1996. [Étude comparative de l’iconographie des deux saints militaires, utile pour comprendre le choix de Mehoffer de représenter Georges avec un « chat-dragon de conte de fées » au lieu du dragon héraldique canonique.]

Fiche de l’objet patrimonial FWNDK-WIT-FRI-006 · réalisation : Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national, recherche documentaire juin 2026 (von Roda, Sauterel, Adamowicz, catalogues du MNK et du Musée d’Orsay). Texte de la fiche : licence CC BY-SA 4.0. Les entrées signalées dans la fiche « [à vérifier aux sources] » demeurent en cours de vérification.

Histoire de l'objet
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Mehoffer, J. (1910). Saints et Saintes [Vitrail, 4 lancettes, env. 670 × 70 cm chacune]. Cathédrale Saint-Nicolas, Fribourg. Numérisation : Fondation pour la virtualisation du patrimoine culturel national. https://mehoffer.org/obj/FRI-006/

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